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L’état des lieux

Avant la mise sur pied du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture (CCRHA), on a commandé des études quantitatives et qualitatives pour obtenir des données probantes sur les problèmes qu’éprouve le secteur de l’agriculture dans le domaine des ressources humaines, de la main-d’œuvre et de l’emploi. Les données recueillies permettraient aussi de juger du bien-fondé de la création d’un conseil sectoriel de l’agriculture. *Voir également la section Un aperçu historique qui fournit plus de renseignements à cet égard.

Globalement, les résultats de ces études ont montré qu’il serait utile de créer un conseil sectoriel de l’agriculture qui pourrait commencer à se pencher sur les questions liées aux ressources humaines. Les constatations issues des recherches serviraient également de solide fondement sur lequel on s’appuierait ensuite pour décider des mesures que devrait prendre un tel conseil sectoriel pour s’attaquer à ces questions.

L’Étude des ouvrages spécialisés et l'analyse du contexte

Les chercheurs du George Morris Centre ont effectué une vaste étude des ouvrages spécialisés et une analyse du contexte. Toutes deux étaient axées sur les enjeux actuels et les questions émergentes au chapitre des ressources humaines, de la main-d’œuvre et de l’emploi à l’échelle internationale, nationale et provinciale.

Les chercheurs ont mis en évidence les principaux problèmes liés aux ressources humaines qu’il faut s’employer à résoudre :

Il faut s’efforcer sans relâche de trouver des solutions à long terme à ces défis et forger des partenariats dans tout le secteur de l’agriculture, des partenariats qui seraient conclus avec les établissements d’enseignement et les gouvernements.

Le vieillissement de la main-d’œuvre et une pénurie de travailleurs qualifiés

Au Canada, le vieillissement de la main-d’œuvre dans le secteur de l’agriculture a causé une pénurie de travailleurs qualifiés. Cela ne signifie pas nécessairement que les travailleurs plus âgés ne sont pas expérimentés, mais plutôt qu’ils ne possèdent peut-être pas les compétences voulues pour satisfaire aux besoins du secteur agricole moderne.

Le recrutement et la rétention de personnel compétent

Il y a plusieurs obstacles qui empêchent le recrutement et la rétention de nouveaux travailleurs dans l’industrie agricole, notamment certaines perceptions négatives liées à cette industrie.

Le manque de connaissances sur les carrières en agriculture et un désintérêt à cet égard

En plus d’entretenir des perceptions négatives au sujet de l’industrie agricole, les employés pressentis possèdent très peu d’informations sur les possibilités de carrière offertes dans le secteur de l’agriculture. Or, avant que ne soit créé le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture, l’industrie agricole ne disposait d’aucun mécanisme adapté tout particulièrement à ce secteur pour favoriser les cheminements de carrière en agriculture.

La pénurie de travailleurs saisonniers et de travailleurs affectés aux récoltes

Les gouvernements et les responsables des politiques s’intéressent de plus en plus à cette question qui touche plusieurs secteurs. Le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture peut offrir un espace propice à la discussion pour définir une position inspirée par l’industrie agricole et ainsi faire progresser le débat et orienter l’élaboration de politiques à cet égard.

Le manque de formation et l’inexistence d’une culture de l’apprentissage continu

Les possibilités de formation des producteurs, des employeurs et des employés dans le secteur de l’agriculture ne semblent pas répondre à la demande globale ni aux attentes en matière de perfectionnement professionnel, contrairement à d’autres secteurs économiques. Il s’agit d’un enjeu dont les intervenants en agriculture commencent à peine à comprendre la portée.

Cliquez ici pour télécharger l’étude des ouvrages spécialisés et
l’analyse du contexte

Les sondages d'opinion

Tout au long de 2004, les spécialistes de la firme GPC Research ont mené des sondages auprès de 265 employeurs et 110 employés dans le domaine de l’agriculture dans tout le Canada. La firme a effectué deux enquêtes – l’une en ligne et l’autre par courrier-réponse – pour connaître les points de vue des participants sur les problèmes touchant le recrutement de la main-d’œuvre, la rétention du personnel et la formation axée sur l’acquisition de compétences.

L’analyse des résultats a révélé que, bien que les employeurs et les employés attachent une grande importance à la formation et au perfectionnement, de nombreux facteurs contribuent à nuire à leur capacité de suivre la formation requise et à contrer leur volonté de l’acquérir. En ce qui a trait aux éléments qui influencent le recrutement et la rétention des travailleurs dans le secteur de l’agriculture et aux solutions qui remédieraient aux problèmes, on a découvert que les perceptions des employeurs peuvent différer de celles des employés. Qui plus est, les résultats indiquent qu’il faut de toute urgence augmenter les effectifs qualifiés dans toute la chaîne de valeur de l’industrie agricole.

Le sondage auprès des employeurs

Les trois principales conclusions qui se dégagent du sondage auprès des employeurs du secteur de l’agriculture sont les suivantes :

Le sondage auprès des employés

Voici les trois principales constatations issues du sondage auprès des employés du secteur de l’agriculture :

Les groupes de discussion

Au début de 2005, les experts de la firme R. A. Malatest & Associates Ltd. ont organisé des groupes de discussion dans chaque province. Les rencontres ont permis aux producteurs provenant de divers secteurs agricoles d’exprimer leurs points de vue sur une vaste gamme de sujets ayant trait aux ressources humaines, à la main-d’œuvre et à l’emploi. Les sujets touchaient entre autres la connaissance des carrières au sein de l’industrie agricole, l’image que projette cette industrie, la rétention du personnel, les normes professionnelles et les politiques sur l’emploi et l’immigration. Les participants ont également examiné l’utilité de créer, le cas échéant, un conseil sectoriel pour les ressources humaines en agriculture.

Les questions liées aux ressources humaines, à la main-d’œuvre et à l’emploi

Au total, 145 personnes faisant partie de 13 groupes de discussion ont été consultées, et la majorité d’entre elles se sont entendues sur les grands enjeux auxquels fait face l’industrie agricole au chapitre des ressources humaines, soit :

* Parmi ces facteurs : les faibles salaires, les longues heures de travail, le manque de travailleurs qualifiés et les attitudes négatives à l’égard de l’industrie agricole.

Par ailleurs, les intervenants dans le secteur de l’agriculture percevaient les politiques gouvernementales comme d’autres facteurs faisant obstacle au renforcement des capacités de la main-d’œuvre. Ils ont attiré l’attention plus particulièrement sur les contraintes imposées par les règles de l’assurance-emploi qui découragent les personnes se montrant intéressées à travailler dans l’industrie agricole, sur les lois qui limitent la possibilité pour des travailleurs saisonniers venant de l’étranger d’entrer au Canada, et sur les politiques d’immigration.

Tandis que les participants s’entendaient sur les enjeux importants, ils constataient que leurs perceptions de certains aspects « tactiques » correspondaient aux différences qui distinguent les régions les unes des autres. Ainsi, alors que tous les participants étaient d’accord pour dire que la concurrence que se livraient les employeurs pour attirer la main-d’œuvre constituait un problème majeur, ils exprimaient leur désaccord quant aux principaux compétiteurs. Les participants de la Colombie-Britannique, par exemple, ont dit que les autres producteurs se posaient en concurrents, tandis que ceux du centre et de l’est du pays ont affirmé que d’autres industries leur causaient des problèmes. Cette constatation est importante, car elle fait ressortir la nécessité d’assurer une représentation régionale équilibrée au sein du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture, de sorte que l’on puisse s’attaquer à des problèmes communs en adoptant des stratégies particulières adaptées à chaque région.

On constatait également que ces discussions avaient permis de mettre en évidence le fait qu’il y a un écart considérable entre ce que les employeurs et producteurs de l’industrie agricole peuvent offrir et ce à quoi s’attendent les employés pressentis.

L’appui à la création d’un conseil pour les ressources humaines en agriculture

La majorité des participants aux groupes de discussion appuyaient la mise sur pied d’un conseil sectoriel si on pouvait obtenir des résultats concrets rapidement. Ils ont également formulé des propositions utiles quant aux types d’activités qu’un tel conseil sectoriel devrait entreprendre. Ainsi, ce conseil aurait pour tâches notamment :

Bien que les participants se soient empressés à faire connaître leurs points de vue, ils n’ont pas accordé la priorité à la création d’un conseil sectoriel, pas plus d’ailleurs que ceux qui œuvrent dans l’industrie agricole. Cette constatation indique qu’il y a lieu d’accroître les activités de communication et de sensibilisation ciblant le secteur agricole pour montrer comment le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture entend contribuer à la recherche de solutions pour remédier à certains problèmes en matière de ressources humaines, de main-d’œuvre et d’emploi.